Dimanche 11 décembre – JUMIEGES

Jean-Yves et Hubert vous invitent à Jumièges pour 2 randonnées au départ du parking en face de l’abbaye.
Le matin, rendez-vous et départ à 9h30 pour un parcours de 11 km sans difficulté.
A 12h45, les pique-niques seront sortis des sacs moyennant consommation à la Taverne des moines.
L’après-midi le rendez-vous est fixé à 13h45 pour un parcours de 10 km sans difficulté.
Pour se rendre à Jumièges, compter 35 minutes du centre de Rouen.
Contacts : Jean-Yvesau 06 81 23 82 95 – Hubert au 06 81 03 53 58

LES LEGENDES DE JUMIEGES

Les Énervés de Jumièges
Vers 660, Clovis II aurait entrepris un pèlerinage en Terre sainte. Durant son absence, il confie le gouvernement à son fils aîné, sous la régence de sa mère, Bathilde. Mais durant cette période, son fils s’oppose à sa mère, et se joint à l’un de ses frères cadets pour comploter contre le roi et la reine. Clovis apprend cette révolte et rentre en France. Ses fils lui opposent une armée, mais le roi finit par triompher des rebelles.
Le roi est bien décidé à faire exécuter les deux traîtres. Mais sa femme Bathilde propose plutôt de les punir en brûlant les nerfs de leurs jambes : « Je juge que doivent être affaiblies la force et la puissance de leur corps, puisqu’ils ont osé les employer contre le roi leur père ». Ainsi, il faut comprendre le terme « énervé » à l’inverse de sa signification moderne, son sens premier désignant quelqu’un dont on a enlevé ou coupé les nerfs (en fait les tendons), et qui est donc apathique, incapable de réaction.
Devenus faibles et handicapés, les deux frères se réfugient dans la prière, et demandent à entrer en religion. Ne sachant dans quel monastère les placer, Bathilde décide de les confier au hasard et fait construire un radeau à bord duquel les deux frères sont envoyés à la dérive sur la Seine.
Le bateau dérive de Paris jusqu’à Jumièges. Là, saint Philibert, le fondateur de l’abbaye de Jumièges, les voit et reconnaît leurs habits royaux. Il les recueille et les conduit à l’abbaye où ils deviennent moines. Plus tard, le roi et la reine, apprenant où leurs fils ont été recueillis, rendent visite à l’abbaye et font agrandir le monastère et léguer des terres aux moines.
Il est historiquement démontré que cette légende est totalement fausse. En effet, Clovis II est mort jeune, ses fils n’auraient donc jamais eu l’âge de se dresser contre lui. De plus, il n’est jamais parti en pèlerinage en Terre Sainte. Ses trois fils, Clotaire, Childéric et Thierry ont régné tour à tour, et aucun n’était un moine « énervé ».
L’histoire a cependant été matérialisée à Jumièges par un gisant du 13e siècle représentant deux jeunes princes (Musée de Jumièges).
Au XVIIe siècle, le moine Jean Mabillon, donna une autre version de cette légende en disant qu’il s’agissait du Duc de Bavière Tassilon et son fils Théodon, punis de s’être révoltés conte le pouvoir de Charlemagne. Cette légende arrangeait bien les moines qui montraient ainsi l’origine royale des biens dont la propriété leur était contestée.

 Le loup vert
Saint Philibert, fondateur de l’abbaye de Jumièges, avait établi à Pavilly non loin de là un monastère féminin dirigé par sainte Austreberthe.
Les moniales de Pavilly se chargeaient de laver le linge des moines de Jumièges. Un âne avait été dressé pour accomplir seul le trajet séparant les deux établissements religieux, chargé du linge.
Mais un jour, l’âne ne revint pas. Austreberthe se rendit dans la forêt, pour retrouver la trace de la bête perdue. Elle n’y trouva hélas que du linge ensanglanté. Le pauvre âne avait été dévoré par un loup.
D’une voix puissante, Austreberthe appela le loup, qui malgré sa réticence, se coucha aux pieds de la sainte. Subissant un long interrogatoire, il finit par avouer son crime. La sainte lui pardonna mais lui imposa une pénitence : le loup devrait reprendre la charge de l’âne qu’il avait dévoré.
Et ainsi le loup apprivoisé dut porter le linge des religieux.
Une autre version de la légende raconte que ce n’est pas Austreberthe mais saint Philibert lui-même qui aurait apprivoisé le loup et lui aurait également imposé de ne plus manger de viande.
Et c’est ainsi qu’il serait devenu le « Loup vert ».
A Jumièges, s’inspirant de la légende, la confrérie du Loup Vert fêta la Saint-Jean jusqu’en 1921 perpétuant peut-être un rite païen.