Dimanche 27 septembre – AUTOUR D’ÉTRETAT

Daniel et Claude vous donnent rendez-vous devant l’église de BEAUREPAIRE (76280). Départ à 10h00 pour une boucle de 23 km avec 400m de dénivelé, donc avec quelques difficultés à prévoir. Le pique-nique sera tiré du sac en chemin, au bord de la mer.
Pour vous y rendre comptez 1h30 de Rouen par la D6015 Gruchet le Valasse, puis la D910 par Goderville.
Contacts : Claude 06 47 47 87 98 et Daniel 06 04 19 24 86

ÉTRETAT

Je ne vais pas vous évoquer Étretat, les falaises, le site marin remarquable, la station balnéaire, les célébrités qui y ont vécu, enfin tout ce qui a fait la notoriété de ce modeste village de pêcheurs devenu une station touristique mondialement connue. Comme toutes les villes d’art et de culture, Étretat a ses légendes toutes plus mystérieuses et amusantes les unes que les autres. Pourquoi l’église n’est-elle pas au centre comme dans la majorité des villages français ?  La légende vous dira que …

La légende de la Fontaine d’Olive

C’était au temps ou les païens envahissaient la France. Une femme d’une rare beauté nommée Olive, lavait son linge dans les eaux de la fontaine, sur la plage, lorsqu’elle se vit entourée par ure nuée de vikings. Seul un miracle pouvait sauver Olive. Or, elle pria Dieu de l’arracher des mains de ces cruels et fit voeux de bâtir une belle église à Étretat. Dieu l’exauça, en soulevant une tempête horrible qui rejeta les barques bien loin au large. Olive décida aussitôt de construire l’église au bord de la mer. Mais le diable qui, en ce temps là, n’aimait pas Étretat, transportait la nuit, au bas de la côte de Saint Clair, les pierres amassées pendant le jour. A la suite d’un songe, Olive finit par bâtir l’église où nous la voyons aujourd’hui.

La statue de saint-Sauveur 

Il y avait dans l’église d’Étretat, à gauche de l’autel, une statue de saint Sauveur, placé de telle sorte qu’un homme, dans la même situation, verrait parfaitement la porte d’amont et les bâtiments qui la rasent pour entrer dans la baie.
C’était pour les marins un grand sujet de confiance que de se savoir ainsi sous les yeux de leur saint favori, et c’était devant lui que les femmes faisaient plus volontiers brûler de petites chandelles.
Le curé le fit enlever, et le jour de la bénédiction de la mer, les marins annonçaient tout haut qu’ils n’iraient pas à la mer, tant que le saint ne serait pas remis à sa place, parce que privés de son regard protecteur, ils n’étaient pas sûrs de rentrer dans la baie ». Extrait de Le Chemin le plus court – Alphonse Carr (1884).

L’Histoire du trou de l’homme

C’était en 1792. Un navire suédois fut jeté par la tempête contre les roches d’Étretat. Il s’y brisa net. La mer était affreuse, nul secours possible. La tempête dura vingt quatre heures dans toute sa force et les cadavres des malheureux naufragés étaient venus s’échouer sur la grève. lorsque le vent se calma et que la mer, en descendant, permit d’aborder la grotte. Au fond sur le rebord du roc gisait un matelot inanimé. On l’emportait pour le réunir à ses camarades dans une sépulture, lorsqu’il se révdans une cellule aménagée au sommet de la falaise d’Avaleilla fort à propos. Il conta alors comment, après avoir longtemps lutté contre les vagues, il avait à bout de forces, recommandé son âme à Dieu et s’était évanoui, c’est alors qu’une lame le prit et le jeta sur une saillie du rocher. De là, le nom de cette grotte, Le Trou à l’Homme.  (Source : R. Lindon Etretat)
En 1920 a été creusé un tunnel reliant le Trou à l’Homme à la plage de Jambourg.

La légende de la chambre des Demoiselles

Le château du tilleul ainsi que la tour de la falaise d’aval appatenaient autrefois au  trois soeurs que ne quittaient leur tragique demeuresire de Fréfossé lequel s’addonnait au péché de luxure et dont les désirs n’épargnaient aucune jeune fille ou jeune femme. En ce temps là vivaient 3 soeurs aussi chastes que belles que le méchant seigneur fit un jour enlever et conduire à son château. Les soeurs ne cédèrent point à leur ravisseur et pour se venger de leur résistance celui-ci les fit enfermer sans autre vêtement que leurs longs cheveux dans une cellule aménagée au sommet de la falaise d’aval. Au bout de 3 jours et 3 nuits, elles moururent, et, à quelque temps de là on vit leurs âmes s’envoler du haut de la falaise vers le ciel. Et depuis aussi longtemps que vécut le sire de Fréfossé, la « Chambre des Demoiselles » fut hantée par les fantômes des trois soeurs que ne quittaient leur tragique demeure que pour persécuter leur bourreau, lequel finit par succomber à son tour.   (Source R.Lindon Étretat – Jacob Venedey).

L’Histoire des parcs à huîtres – Parc marie Antoinette

La construction de ce parc a été entreprise en 1777 par une compagnie d’actionnaires dont le Marquis de Belvert était le chef et le directeur. Ce parc aurait été creusé pour satisfaire la Reine Marie-Antoinette qui appréciait ces huîtres entre toutes. Les huîtres ne naissaient pas à Étretat, mais on les y apportait de la baie de Cancale, qui en fournissait cent millions chaque année. Deux sloops, « La Syrène » et la « Cauchoise » les transportaient jusqu’à Etretat. Après que les huîtres aient séjourné dans ces bassins plusieurs mois et aient acquis une saveur plus délicate par alternance de l’eau fraîche de la rivière souterraine et de l’eau salée de la mer, on les expédiait à Versailles par voiture tirées par 10 à 12 chevaux. Même si le Marquis se montra très habile publiciste pour faire la promotion de ses huîtres, rien ne prouve que ce ne fût pas avant tout une juteuse opération financière concrétisée par la création d’une « société en commandite » d’exploitation des huîtres d’Etretat. Raymond Lindon qui fut maire de la ville de 1929 à 1959 résume assez bien la situation : «  Le mirage des huîtres d’Etretat était si brillant et si trompeur que par-delà la tombe, Bellevert continue à faire vivre les illusions qu’il a créées. Et chez qui ? Chez les représentants les plus qualifiés de l’administration des Domaines. L’État, en effet, pendant dix ans, a voulu croire que les actions du parc d’Etretat avaient une valeur et s’est ingénié à la découvrir. »

L’Incinération du prince hindou

Le Prince Bapu Saheb Ghatjay accompagné de son gendre, le prince Sampatras et sa suite, passaient l’été 1884 à Étretat avant de se rendre à Oxford. Malgré des soins prodigués par le Dr Fidelin, le prince Bapu Saheb Ghatjay, malade depuis quelques jours, succomba. Il fut demandé au maire, Adolphe Boissaye, la permission de l’incinérer (rite sacré des Hindous). Celui-ci télégraphia (à 8h, heure de fermeture des bureaux) au Préfet cette demande d’autorisation en précisant que sans réponse, la cérémonie aurait lieu la nuit suivante. Sans réponse, à minuit, un bûcher d’un mètre de haut fut érigé, le corps après avoir été préparé, fut transporté en silence dans la ville et 2 heures plus tard, le bûcher funéraire s’achevait. Seuls quelques témoins assistaient à la cérémonie. Le Prince Sampatras alluma le bûcher. A l’aube ne subsistaient que quelques os destinés à la mer et à être renvoyés en Indes. Vers six heures, plus aucune trace de l’incinération n’apparaissait. Informés des événements de la nuit, les villageois se précipitèrent sur la plage et ne virent que des galets noircis. Ce matin-là, au bureau de poste d’Etretat, une dépêche du Préfet disait:  » Incinération absolument interdite ». (Source : « Etretat, hameau du soleil couchant » Henri Bacon)