Mercredi 2 décembre – 34ème jour de reconfinement

Gérard et Daniel vous donnent rendez-vous pour un départ à 13h30 sur le parking de la salle de sports de Montmain, pour une randonnée de 12 km. En venant de Boos, prendre dans Montmain la direction centre ville, puis suivre les panneaux salle de sports.
Contact Gérard : 06 30 87 03 13

Une triste et belle histoire
La Première Guerre mondiale – 6 frères miraculés à Montmain

Impossible de dénombrer le nombre de fratries décimées au cours de la Première Guerre mondiale. Il y a pourtant eu quelques rares miracles comme cette histoire rapportée par un descendant de poilu Pascal Cordonnier dont le grand père Léon Cordonnier et ses 5 frères habitaient Montmain. Ils sont tous miraculeusement revenus du front en vie. Récit :

Louis d’or porte-bonheur
La fratrie est composée de neuf enfants dont six garçons. L’un d’entre eux, André, a déjà quitté la commune, car il fait son service militaire depuis le 26 novembre 1913, à Vincennes. Dès le 2 août, il est mobilisé, il a 21 ans. Le frère aîné, Georges, a lui 35 ans, il est marié et est pourtant mobilisé, le 3 août, suivent Léon le 4 (27 ans) et Jules le 12 (33 ans) tous deux encore célibataires.

En quelques jours, les parents, Stanislas et Maria voient partir au combat quatre de leurs fils, trois abandonnent la terre qu’ils étaient en train de cultiver. Face à cela, Maria, remet à chacun un Louis d’or « porte-bonheur ». Elle leur demande de ne pas s’en séparer.
En fin d’année, les deux derniers fils partent à leur tour, également avec leur Louis d’or, Eugène, 31 ans, pourtant réformé initialement lors du conseil de révision, et Maurice, le benjamin, âgé seulement de 19 ans.
Stanislas et Maria vont alors vivre comme de nombreux parents l’angoisse de l’annonce d’une blessure grave, ou de l’annonce de la mort de l’un des fils.

Peloton d’exécution
Chacun est dans un régiment différent, André dans l’artillerie au 13e RAC, Jules dans la cavalerie au 1er cuirassier, les autres dans l’Infanterie :

La Marne, la Somme, l’Argonne, Verdun, le chemin des dames, ils participeront à bon nombre de batailles emblématiques de cette guerre. Cette terrible expérience, cette participation forcée à cette « grande boucherie » va laisser des traces physiques mais aussi bien sûr psychologiques. Les souvenirs les plus terribles de mon grand-père Léon, étaient ceux liés au fait d’avoir dû achever des camarades qui souffraient abominablement et qui suppliaient que l’on abrège leurs souffrances. Maurice lui, a été désigné pendant ce conflit pour participer à un peloton d’exécution. Trois soldats français qui, revenant de permission un peu ivres, avaient bousculé un officier et par là même fait tomber son képi, furent condamnés à mort !

Lentement ils baissent leur fusil…
La guerre et son absurdité… Et une anecdote précisément :

Un jour l’un des frères se retrouve lors d’une patrouille nez à nez avec un soldat Allemand, ils se fixent tous les deux intensément pendant de très longues secondes, les fusils pointés puis, lentement ils baissent leur fusil, et sans un mot passent leur chemin, pourquoi une mort inutile de plus ? Français, Allemands, ils étaient tous des victimes de cette barbarie mondiale.

Georges, Eugène, Jules et Léon vont retrouver leur Normandie en mars 1919. Les deux plus jeunes, André et Maurice ne rentreront qu’en septembre 1919. Pour Pascal Cordonnier, témoigner du passé a aujourd’hui un sens :
Les membres de ma famille et tous les autres, les huit millions de français et étrangers des troupes coloniales mobilisés, médaillés, honorés ou fusillés pour l’exemple ont tous souffert et vécu l’indicible et nous ne pouvons aujourd’hui encore, que les admirer.

Victimes des gaz
Deux des frères Cordonnier ne sont pas revenus si indemnes de la guerre : « L’état de santé d’André et Eugène est particulièrement préoccupant du fait essentiellement des gaz. Début 1926, ils vont mourir tous les deux à un mois d’intervalle. Le premier à 43 ans, le second 33 ans, il laisse une veuve et trois jeunes enfants. Ils obtiennent tous les deux la mention officielle Morts pour la France », complète Pascal Cordonnier.

Extrait de 76 Actu (2014)